Vous devez poser un raccord multicouche dans une cloison et vous cherchez les règles DTU ? C’est une étape délicate où une erreur peut coûter très cher. Voici toutes les normes à respecter pour une installation conforme et durable.
Tableau récapitulatif des normes dtu pour raccord multicouche encastré
Pour aller droit au but, ce tableau résume les obligations et interdictions de la plomberie encastrée. C’est la synthèse des règles à connaître avant même de commencer vos travaux.
| Zone d’installation | Type de raccord autorisé | Fourreau / Gaine | Point de vigilance DTU |
|---|---|---|---|
| Cloison en plaque de plâtre (sur ossature) | Raccords à sertir uniquement (indémontables) | Fortement recommandé pour protéger des rails métalliques | Aucun piquage (dérivation) n’est autorisé dans la cloison. L’accès aux raccords doit rester possible via une trappe de visite si nécessaire. |
| Cloison en carreau de plâtre / brique | Raccords à sertir uniquement (indémontables) | Obligatoire pour permettre la dilatation du tube et son remplacement éventuel. | La saignée doit être faite à la rainureuse, pas au marteau-burin. L’épaisseur restante de la cloison doit être suffisante. |
| Encastrement en dalle béton | Raccords à sertir, soudés ou collés | Obligatoire si la température de l’eau dépasse 60°C. Recommandé dans tous les cas. | Un recouvrement minimum de 20 mm de béton est obligatoire au-dessus du fourreau. |
| Passage en chape (mortier) | Raccords à sertir uniquement | Fortement recommandé partout. Obligatoire au passage des joints de dilatation du plancher. | Le test de pression de l’installation doit être fait AVANT de couler la chape pour vérifier l’étanchéité. |
Quels raccords et assemblages sont autorisés (et interdits) dans une cloison ?
La règle de base est simple : tout raccord encastré doit être « indémontable ». Cela signifie qu’une fois posé, on ne peut pas le défaire sans le détruire. L’objectif est de supprimer tout risque de desserrage avec le temps, qui provoquerait une fuite inaccessible.
Le DTU 60.1, qui régit les installations de plomberie, est très clair sur ce point. Seuls certains types d’assemblages garantissent cette fiabilité sur le long terme.
Les raccords autorisés : le sertissage avant tout
Pour le tube multicouche, le seul assemblage autorisé en encastré est le raccord à sertir. Le sertissage consiste à déformer une bague métallique à l’aide d’une pince spécifique pour écraser le tube sur le raccord. Cette opération, si elle est bien faite, crée une connexion parfaitement étanche et définitive.
Les assemblages autorisés sont donc :
- Raccords à sertir : La solution standard et la plus fiable pour le multicouche.
- Soudure / Brasage : Pour les installations en cuivre.
- Collage : Pour les tubes en PVC pression.
Les raccords interdits : le danger des raccords à visser
Les raccords à compression, aussi appelés raccords à visser ou « raccords américains », sont strictement interdits en encastré. La raison est simple : leur étanchéité repose sur la compression d’un joint (une bague ou « olive ») par un écrou.
Avec les variations de température et la pression de l’eau, cet écrou peut se desserrer très légèrement sur plusieurs années. Dans une installation apparente, ce n’est pas un drame : on resserre l’écrou. Mais dans une cloison, cette petite fuite peut causer des dégâts énormes avant d’être détectée.
Point d’attention : L’interdiction des piquages. Il est interdit de créer une dérivation (un « T ») à l’intérieur d’une cloison non accessible. Tous les piquages doivent se faire au droit d’un appareil sanitaire (derrière un lavabo, une douche), là où le raccord reste visible et accessible.
Les règles d’encastrement spécifiques par type de cloison et support
La mise en œuvre de la plomberie encastrée dépend directement du matériau qui compose la cloison ou le plancher. Les règles de pose ne sont pas les mêmes pour du placo et pour une dalle en béton.
Dans une cloison en plaques de plâtre sur ossature
C’est le cas le plus simple. Le passage du tube multicouche se fait directement entre les deux plaques, en suivant les montants métalliques. Il n’y a pas besoin de faire de saignée.
Même si le contact direct est possible, la pose d’un fourreau de protection est fortement recommandée. Il évite que le tube ne frotte contre les bords coupants des rails métalliques, ce qui pourrait l’endommager. Il est aussi important de fixer le tube avec des colliers adaptés pour éviter qu’il ne bouge ou ne vibre lors du passage de l’eau.
Dans une cloison en carreaux de plâtre ou briques plâtrières
Ici, la saignée (une tranchée dans le mur) est obligatoire. Elle doit être réalisée avec une rainureuse pour un travail propre. L’utilisation du marteau-burin est à éviter, car les chocs peuvent fragiliser la structure de la cloison.
Dans ce cas de figure, le fourreau est obligatoire. Il a deux rôles :
- Il protège le tube du contact direct avec le plâtre ou le mortier de rebouchage.
- Il permet la libre dilatation du tube multicouche sous l’effet de la chaleur.
La profondeur de la saignée doit être suffisante pour accueillir le fourreau et un rebouchage correct. L’épaisseur restante de la cloison doit rester d’au minimum 40 mm.
Encastrement en dalle béton ou chape
Pour un passage dans une dalle en béton, le tube multicouche doit être protégé par un fourreau. La règle principale à respecter est la hauteur de recouvrement : il faut au minimum 20 mm de béton au-dessus du fourreau. Cela garantit la solidité du plancher.
Dans une chape (la couche de mortier posée sur la dalle), le fourreau est aussi la norme. Il devient obligatoire au passage des joints de dilatation pour ne pas que les mouvements du bâtiment cisaillent le tube. Pour les planchers chauffants, le DTU 65.10 impose des règles encore plus strictes.
Les 4 erreurs à éviter pour une installation conforme et durable
Une installation de plomberie encastrée ne pardonne aucune erreur. Voici les quatre pièges les plus courants à éviter pour garantir l’étanchéité de vos raccords.
- Erreur n°1 : Oublier la préparation du tube
Avant d’insérer le raccord, le tube multicouche doit être coupé bien droit avec une pince coupe-tube. Ensuite, il faut l’ébavurer et le calibrer avec un outil spécifique. Cette étape supprime les copeaux et redonne au tube sa forme parfaitement ronde. Sans ça, le joint du raccord peut être abîmé et provoquer une fuite. - Erreur n°2 : Utiliser le mauvais matériel de sertissage
Chaque marque de raccord a ses propres mâchoires de sertissage (profil H, U, TH…). Utiliser une pince ou des mâchoires non adaptées au raccord ou au diamètre du tube garantit un mauvais sertissage et une fuite quasi certaine. Il faut toujours vérifier la compatibilité des éléments. - Erreur n°3 : Ne pas faire le test de pression
C’est l’étape la plus importante. Avant de refermer la cloison ou de couler la chape, il faut mettre l’ensemble du réseau sous pression (air ou eau) à l’aide d’une pompe d’épreuve. On laisse le circuit sous pression pendant plusieurs heures (selon le DTU) pour s’assurer qu’aucun raccord ne fuit. - Erreur n°4 : Trop serrer les colliers de fixation
Les colliers servent à maintenir le tube, pas à l’écraser. Un collier trop serré peut pincer le tube multicouche et réduire son diamètre, voire créer un point de faiblesse. Il faut serrer juste assez pour que le tube soit bien maintenu sans être déformé.
FAQ – Questions fréquentes sur les raccords multicouche en cloison
Pour finir, voici les réponses directes aux questions les plus posées sur ce type d’installation.
Peut-on mettre un raccord à visser dans une cloison ?
Non, c’est formellement interdit par le DTU 60.1. Les seuls raccords autorisés en encastré sont les assemblages indémontables, comme les raccords à sertir pour le multicouche. Le risque de fuite avec un raccord à visser est trop élevé.
Le fourreau est-il toujours obligatoire ?
Non, pas systématiquement, mais il est obligatoire dans de nombreux cas (traversée de mur porteur, encastrement dans du plâtre/brique, eau chaude à plus de 60°C). Dans les autres cas, comme une cloison placo, il reste très fortement recommandé pour la protection du tube.
Comment être sûr que mon raccord est bien serti ?
Un bon sertissage laisse une marque nette et uniforme sur toute la circonférence de la bague. La mâchoire de la pince doit se fermer complètement lors de l’opération. Mais la seule vraie vérification est le test de mise en pression de l’installation avant de tout refermer.
